18+

L’ANJ n’agrée aucun casino en ligne. Voici ce que la loi française autorise vraiment — et ce que ça change pour vous.

« Casino en ligne agréé en France », « licence ANJ casino » : ces expressions reviennent partout, et elles ne correspondent à rien. Depuis la loi du 12 mai 2010, seuls les paris sportifs, les paris hippiques et le poker sont ouverts à la licence en ligne. Ce guide explique qui est l’ANJ, ce qu’elle autorise, ce qu’elle bloque, et ce que le droit prévoit — ou ne prévoit pas — pour le joueur.

Textes de loi cités précisément Vérifié sur le registre anj.fr Sans jargon juridique inutile

L’essentiel en 30 secondes

  • Aucun casino en ligne n’est agréé en France. L’ANJ ne délivre aucune licence pour les machines à sous, la roulette, le blackjack ou le baccarat en ligne — et n’en a jamais délivré.
  • Trois verticales seulement sont légales en ligne depuis la loi n° 2010-476 du 12 mai 2010 : les paris sportifs, les paris hippiques et le poker.
  • L’ANJ a remplacé l’ARJEL en 2020 (ordonnance n° 2019-1015, prise dans le cadre de la loi PACTE). Elle agrée environ quinze opérateurs de paris sportifs et publie la liste officielle sur anj.fr.
  • Le joueur ne risque aucune sanction pénale en jouant sur un site non agréé : c’est l’offre de l’opérateur qui est illégale, pas le fait de jouer.
  • En contrepartie, hors cadre ANJ, il n’y a aucune protection française : pas de médiation, pas de limites obligatoires, et le fichier des interdits de jeux ne s’applique pas.

Qu’est-ce que l’ANJ ?

L’Autorité nationale des jeux (ANJ) est le régulateur français des jeux d’argent et de hasard. C’est une autorité administrative indépendante créée par l’ordonnance n° 2019-1015 du 2 octobre 2019, prise dans le cadre de la loi PACTE de mai 2019, et entrée en fonction en juin 2020. Elle succède à l’ARJEL (Autorité de régulation des jeux en ligne), qui régulait le secteur depuis 2010, avec un périmètre nettement élargi : là où l’ARJEL ne surveillait que les jeux en ligne ouverts à la concurrence, l’ANJ supervise la quasi-totalité du marché — opérateurs en ligne agréés, mais aussi les jeux de la FDJ et du PMU, et certains aspects des casinos terrestres.

Ses missions principales :

L’ANJ dispose de pouvoirs réels : mises en demeure, sanctions contre les opérateurs agréés qui manquent à leurs obligations, et demandes de blocage contre les sites illégaux. Son site officiel, anj.fr, publie la liste des opérateurs agréés — c’est la seule source qui fait foi, et elle vous servira plus loin dans ce guide.

Ce que l’ANJ autorise en ligne (et ce qu’elle n’a jamais autorisé)

La confusion vient presque toujours de là : « les jeux d’argent en ligne sont légaux en France » est une phrase à moitié vraie. La loi n° 2010-476 du 12 mai 2010 relative à l’ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d’argent et de hasard en ligne n’a ouvert que trois verticales, limitativement énumérées. Tout le reste est fermé.

Verticale en ligneStatut légalExemples d’opérateurs agréés
Paris sportifs✅ Ouvert à l’agrément depuis 2010Winamax, Betclic, Unibet, ParionsSport (FDJ), PMU, bet365 (de retour depuis mai 2026)…
Paris hippiques✅ Ouvert à l’agrément depuis 2010PMU, Zeturf…
Poker✅ Ouvert à l’agrément depuis 2010 (variantes autorisées par décret)Winamax, PokerStars, Unibet…
Jeux de casino (machines à sous, roulette, blackjack, baccarat)❌ Jamais ouvert à la licence — aucun agrément n’existe ni n’a jamais existéAucun. Tous les casinos en ligne accessibles aux Français opèrent sous licence étrangère.
Crypto-casinos❌ Non ouvert — mêmes jeux de casino, mêmes règlesAucun.

Deux précisions utiles. D’abord, la loterie et les jeux de grattage en ligne ne sont pas « ouverts » non plus : ils relèvent du monopole de la FDJ, sous contrôle de l’ANJ. Ensuite, le nombre d’opérateurs agréés évolue — l’ANJ agrée environ quinze opérateurs de paris sportifs en ligne à la date de mise à jour de ce guide, et le retour de bet365 sur le marché français en mai 2026 a rappelé que des licences peuvent encore être demandées… pour les trois verticales ouvertes, et uniquement pour elles.

Conséquence directe : quand un comparatif parle de « casino en ligne agréé ANJ », il décrit quelque chose qui n’existe pas. Les sites classés dans notre comparatif des casinos en ligne et notre comparatif des casinos crypto opèrent tous sous licence étrangère — nous l’écrivons sur chaque fiche, parce que c’est la seule présentation honnête du marché. À l’inverse, notre comparatif des sites de paris sportifs couvre une verticale où un marché français agréé existe bel et bien.

Pourquoi le casino en ligne n’a jamais été ouvert

Ce n’est pas un oubli du législateur : c’est un choix, débattu en 2010 et constamment reconduit depuis. Deux raisons principales :

1. La protection du réseau des casinos terrestres. La France compte environ 200 casinos physiques légaux, régis par un régime distinct et ancien (la loi du 15 juin 1907 sur les casinos des stations balnéaires, thermales et climatiques, plusieurs fois modifiée). Ces établissements sont de gros employeurs locaux et financent les communes qui les accueillent via des prélèvements spécifiques. Ouvrir le casino en ligne à la licence, c’est mettre ce réseau en concurrence frontale avec des sites accessibles 24 h/24 — le secteur s’y est toujours opposé, et il a été entendu à chaque débat.

2. Le risque addictif. Lors des débats de 2010, les jeux de casino — machines à sous en tête — ont été considérés comme les plus addictogènes, en raison de leur rythme de jeu rapide et de leur disponibilité permanente une fois en ligne. Le législateur a ouvert les verticales jugées les moins risquées (paris et poker, où une part d’analyse intervient) et fermé celles jugées les plus dangereuses.

Le débat n’est pas clos pour autant. À l’automne 2024, un amendement au projet de loi de finances envisageait d’ouvrir le casino en ligne à la licence — avec, à la clé, des recettes fiscales sur un marché qui existe de fait, mais échappe à tout prélèvement. L’amendement a été retiré face à la levée de boucliers des casinos terrestres, et une concertation a été lancée. Au 15 octobre 2026, aucune loi d’ouverture n’a été votée. La situation reste donc celle de 2010 : un marché fermé en droit, et une demande des joueurs qui se reporte sur des sites étrangers — c’est le paradoxe que nous détaillons dans notre guide des casinos offshore en France.

Comment vérifier qu’un site est agréé : le registre, pas le logo

Un logo « ANJ » en pied de page ne prouve rien : un logo se copie en dix secondes, et certains sites illégaux ne s’en privent pas. La seule vérification qui vaille prend deux minutes :

  1. Ouvrez anj.fr, le site officiel de l’Autorité nationale des jeux, et cherchez la liste des opérateurs agréés (rubrique dédiée aux opérateurs).
  2. Vérifiez le nom de domaine exact. L’agrément est délivré pour un site précis — winamax.fr, betclic.fr… Un domaine proche mais différent (autre extension, tiret ajouté, faute volontaire) n’est pas couvert par l’agrément, même si la marque est connue.
  3. Vérifiez la verticale. Un opérateur peut être agréé pour les paris sportifs et proposer, sur un site jumeau en .com, des jeux de casino interdits en France. L’agrément ANJ couvre le site en .fr et les verticales autorisées, rien d’autre.
  4. En cas de doute, abstenez-vous — ou considérez le site pour ce qu’il est : une offre non agréée, avec les conséquences décrites plus bas.

Le réflexe à retenir : c’est le registre officiel sur anj.fr qui fait foi, jamais le pied de page du site. Les opérateurs agréés opèrent sur des domaines en .fr et affichent leur numéro d’agrément ; les sites de casino en ligne, par définition, n’en ont pas.

Que fait l’ANJ contre les sites offshore ?

L’ANJ ne se contente pas de tenir un registre : elle combat activement l’offre illégale. Concrètement :

Il faut être précis sur la portée de ces blocages : ils visent l’accès au site, pas le joueur. Un blocage DNS n’entraîne aucune poursuite contre les personnes qui jouaient sur le site — mais il peut compliquer l’accès à un compte et à un solde, ce qui fait partie des risques réels à connaître avant de jouer hors cadre ANJ.

Ce que ça change pour le joueur : pas de sanction, pas de protection

C’est le point le plus mal compris du droit français des jeux, alors disons-le en deux phrases symétriques :

Le joueur ne commet pas d’infraction en jouant sur un site non agréé : la loi sanctionne l’offre illégale de jeux — c’est-à-dire l’opérateur — et aucune disposition ne prévoit de sanction pénale contre le particulier qui joue. Mais le joueur n’est pas non plus protégé : hors cadre ANJ, aucun mécanisme français ne garantit vos dépôts, vos gains ou vos recours.

Concrètement, jouer hors cadre ANJ signifie renoncer à :

Jouer doit rester un plaisir, quel que soit le cadre. Jouer comporte des risques : endettement, isolement, dépendance. Pour être aidé, appelez le 09‑74‑75‑13‑13 (appel non surtaxé) — Joueurs Info Service, 7 j/7. Notre page jeu responsable détaille les outils disponibles, y compris sur les sites non agréés.

Foire aux questions

Le casino en ligne est-il légal en France en 2026 ?

Non, au sens où aucun casino en ligne n’est agréé : la loi n° 2010-476 du 12 mai 2010 n’a ouvert que les paris sportifs, les paris hippiques et le poker en ligne. Les machines à sous, la roulette ou le blackjack en ligne n’ont jamais été ouverts à la licence. Les sites qui les proposent opèrent depuis l’étranger : c’est leur offre qui est illégale en France, pas le fait d’y jouer.

Quels opérateurs sont agréés par l’ANJ ?

Environ quinze opérateurs de paris sportifs en ligne — dont Winamax, Betclic, Unibet, ParionsSport (FDJ), PMU et bet365, de retour depuis mai 2026 — ainsi que des opérateurs de poker et de paris hippiques. La liste à jour est publiée sur anj.fr. Aucun casino en ligne n’y figure, car aucune licence de casino en ligne n’existe.

Est-ce que je risque une amende si je joue sur un casino en ligne ?

Non. La loi sanctionne l’opérateur qui propose des jeux sans agrément, pas le particulier qui joue. Aucune sanction pénale n’est prévue contre le joueur. En revanche, vous renoncez aux protections françaises : pas de médiation, pas de limites obligatoires, et le fichier des interdits de jeux ne s’applique pas — nous détaillons tout cela dans notre guide des casinos offshore.

Comment vérifier qu’un site est agréé ANJ ?

Consultez la liste officielle des opérateurs agréés sur anj.fr et vérifiez que le nom de domaine exact y figure, pour la bonne verticale. Ne vous fiez jamais à un logo en pied de page : un logo se copie, le registre officiel non.

Un casino avec une licence de Curaçao est-il légal en France ?

Non. Une licence étrangère n’a aucune valeur en droit français : seul un agrément ANJ autorise à cibler les joueurs français, et il n’en existe pas pour le casino. Un site sous licence de Curaçao exerce une offre illégale en France, même si sa licence est authentique dans sa juridiction — ce que vaut réellement chaque licence offshore est décrypté dans notre guide dédié.

Le casino en ligne sera-t-il un jour légalisé en France ?

Le débat revient régulièrement — dernier épisode en date, un amendement au projet de loi de finances à l’automne 2024, retiré face à l’opposition des casinos terrestres, puis une concertation. Au 15 octobre 2026, aucune loi d’ouverture n’a été votée et aucun calendrier officiel n’existe.

Pour aller plus loin

Ce guide pose le cadre légal ; deux questions en découlent directement. La première : que valent réellement les licences étrangères, et que perd-on concrètement en protection en jouant hors cadre ANJ ? Réponse détaillée dans notre guide des casinos offshore en France. La seconde : que deviennent fiscalement les gains, selon qu’ils viennent d’un opérateur agréé, de la FDJ ou d’un site étranger ? C’est l’objet de notre guide sur la fiscalité des gains de jeux.

Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour une situation personnelle, consultez un avocat.

Rédigé par Jean-Pierre Moreau · Relu et vérifié par Sophie Lambert · Dernière mise à jour : 15 octobre 2026